—Malheureux! s’écria La Pinte épouvanté. Ne fais pas ça, ou ton avancement est perdu.
—Je me moque de mon avancement.
Contre l’entêtement du jeune hussard, toutes les bonnes raisons du vieux troupier vinrent se briser. Désespéré, il appela à son aide les galons et l’éloquence du brigadier Goblot, lequel avait Gédéon en haute estime et en grande amitié.
Il lui exposa la question. Le brigadier hocha gravement la tête.
—Que vous avez tort, subséquemment, june homme, dit il à Gédéon, de vous cabrer et de ruer à la botte quand votre ami il vous explique ses raisons.
—Ah! vois-tu! fit La Pinte.
—Cependant, essaya Gédéon...
—Qu’il n’y a pas de cependant. Chacun, je le sais, il est né pour une chacune, mais il n’y a qu’un civil ou un musicien d’infanterie qui soient dans le cas de regretter une particulière, vu qu’ils ont assez de peine à en conter à la beauté. Un hussard du 13e doit se contenter de toutes les chacunes de chacun sans avancement au choix, et uniquement par rang d’ancienneté.
—Je comprends très-bien, répondit Gédéon, mais néanmoins...
—Nonobstant taisez-vous, et tâchez de prendre modèle sur votre brigadier. Quand un hussard du 13e il est dans votre cas, et qu’il veut faire une connaissance, il n’a qu’à prendre son sabre et son schako, et à sortir; toutes les particulières elles viennent lui manger dans la main.