—J’aime autant, lui dit-il, ce moyen de me défaire avantageusement d’un triste soldat. Que ne pouvez-vous faire aussi remplacer tous vos bons amis!

Gédéon en eut vite fini avec les formalités. Il compta dix-neuf cents francs chez le trésorier, et un vieux hussard s’engagea à faire pour lui les six ans qu’il devait encore à la patrie.

Et il fut libre!!!. . . . . . . . . .

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L’ex-hussard habite aujourd’hui Mortagne, il y a acheté une étude, et passe pour un des forts avoués de l’arrondissement.

Il a reconquis l’estime publique en général, et en particulier celle de M. Narrault, le juge de paix, homme sévère mais juste. Peut-être le doit-il à la pratique de certaine vertu assez nécessaire dans bien des petites villes, l’hypocrisie.

Depuis qu’il n’est plus soldat, Gédéon est d’un chauvinisme exalté; il ne parle de son ancien régiment que les larmes aux yeux, et il ne passe pas un troupier par Mortagne sans qu’il veuille lui payer la goutte.

J’ai dîné quatre fois chez lui. A chaque fois, le dessert venu, il a trouvé moyen de relever ses manches pour nous montrer la cicatrice de sa blessure. Il a acheté un cheval, et passe pour un écuyer consommé.