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Brusquement introduit dans la chambre du 4e peloton, Gédéon ne put faire plus de deux pas, saisi à la gorge par l’émotion et l’atmosphère.

L’entrée d’un jeune homme élégamment vêtu faisait sensation. Toutes les brosses s’arrêtèrent. Il y eut une pause de plus d’une minute.

Enfin, comme le silence du nouveau venu ne paraissait pas près de finir, un des cavaliers lui adressa la parole.

—Vous venez visiter le quartier? demanda-t-il.

—Non, dit Gédéon, je suis engagé.

Il y eut une explosion de cris et de ricanements.

—Il n’y avait donc plus de pain chez vous, ni d’ouvrage dans votre pays? la marmite était donc renversée? lui cria un des plus jeunes....

Il faut l’avouer, hélas! pour les ouvriers, les pauvres paysans qui composent la masse de l’armée française, et dont la jeunesse a été troublée par le fantôme de la conscription, se faire soldat par goût, sans une nécessité absolue, impitoyable, est un trait de si insigne folie qu’ils peuvent à peine y croire, et qu’en tout cas ils ne le comprennent pas.

Passe encore de se vendre comme remplaçant, ne fût-ce que pour posséder, au moins une heure en sa vie, mille francs à la fois—mille francs à manger en noces et bombances.