—Une ronde! dit l’un d’eux.

En un clin d’œil la couverture fut roulée et cachée. Le corps du délit avait disparu lorsque la porte tourna sur ses gonds.

Fausse alerte! c’était simplement le brigadier de garde qui venait serrer deux ivrognes rentrés en retard.

Les prisonniers rassurés reprirent bien vite la couverture et leur somme. Gédéon continua à grelotter en son coin.

Mais c’en était fait de la poix et du repos.

Les nouveaux venus étaient d’une gaieté folle, et leur joie se traduisait en rires bruyants et en chansons. Les dormeurs réclamèrent; les ivrognes n’y prirent garde et continuèrent leur tapage. Les protestations se changèrent en menaces. En vain; il y eut tumulte. On échangea quelques bourrades dans l’obscurité.

Après une courte lutte, la force resta au nombre et au bon droit. Les ivrognes furent jetés sous le lit de camp, et presque aussitôt firent chorus avec les dormeurs.

La tranquillité était à peine rétablie, que de nouveaux pas retentirent dans le corridor.

Mêmes transes, mêmes précautions. Cette fois c’était bien une ronde.

L’adjudant de semaine entra, éclairé par le brigadier de garde. Il fit un contre-appel. Tous les oiseaux étaient régulièrement en cage. Il parut satisfait. Même il s’éloigna sans avoir seulement pensé à faire la chasse à la contrebande.