Déjà les imprécations de tous les hommes couvraient la voix de l’orateur. Plus impatient que les autres, un hussard, taillé en Hercule, marcha sur Gédéon, et lui mettant le poing sous le nez:

—Tu n’es qu’un propre à rien, lui cria-t-il, un pleurard, tu veux nous vendre.

Gédéon n’en entendit pas davantage. Il sauta à la gorge du hussard.

Il y eut, par ma foi, quelques bons coups de poing d’échangés, et Gédéon-Don-Quichotte allait, sans aucun doute, recevoir une superbe volée, lorsque son camarade de lit, qui jusque-là avait blâmé hautement sa conduite, l’arracha à ce danger.

—Assez d’épée d’Auvergnat comme ça, dit le vieux La Pinte; tout à l’heure vous vous arrangerez.

Le supplice s’acheva sans que personne songeât de nouveau à faire violence à Gédéon. Sa colère lui avait regagné l’estime générale, un instant perdue. On comprenait que, n’étant pas lâche, il ne pouvait être traître.

Lorsque l’homme fut détaché:

—Maintenant, mes enfants, dit La Pinte aux deux adversaires, vous ne pouvez en rester là. Il faut aller chez le chef vous faire porter pour un coup de sabre.

XXXIV

Lorsqu’une querelle s’est élevée entre deux hussards du 13e, et qu’ils veulent la vider sur le terrain, ils se font porter pour un coup de sabre.