Gédéon n’hésita pas une minute, et d’un trait de plume il s’engagea à servir l’État pendant sept ans—à cheval.

V

Les engagés volontaires ayant le droit de désigner le corps où ils veulent servir, tous—je ne parle pas de ceux qui savent ce qu’ils font—se décident pour la cavalerie; sans doute parce que le service y est plus pénible et qu’on y a infiniment moins de chances d’avancement.

Gédéon fit comme tous les autres, et crut faire un coup de maître en choisissant le 13e hussards, ce magnifique régiment, chamarré d’or sur toutes les coutures, et dont les officiers lancent des gerbes d’étincelles, lorsqu’aux rayons du soleil ils font caracoler leurs chevaux sur le front de leurs escadrons.

En échange de sa signature, Gédéon reçut une feuille de route pour rejoindre son corps.

L’État, qu’il servait désormais, lui allouait vingt sous par étape, et un billet de logement avec place au feu et à la chandelle.

Ainsi Gédéon fut soldat sans jamais en avoir eu l’idée.

Que l’engagé volontaire dont ce n’est pas un peu l’histoire lui jette la première pierre!

VI

—Comme tu feras la route en chemin de fer, dit M. Flambert à son fils au moment où ils sortaient de la mairie, tu as au moins huit jours devant toi; profites-en pour t’amuser.