—Ah! mon ami! comme je t’aimais mieux en civil!
—En pékin! c’est que tu ne t’y connais pas. Voyons, admire un peu mon dolman, mes broderies d’or, ma ceinture de soie. Regarde mon sabre et ma sabretache. Vois-tu, j’ai des éperons...
—Ah! l’uniforme ne te va pas... Oh! mais, là, pas du tout.
—Tu crois? C’est que je suis à pied. Mais demain, si tu le veux, il te sera donné de me voir à cheval, tu pourras venir sur te terrain de manœuvres; je suis superbe lorsque je trotte en cercle, je suis devenu un très-bon écuyer. A propos, sais-tu, je me suis battu en duel, j’ai failli être tué...
—Malheureux!
—Ah! tu m’aimes toujours, tu as pâli. Vivat! aimons-nous encore comme autrefois; il y a du champagne à Saint-Urbain, et j’ai de l’or dans ma poche.
—Tu as fait des économies sur ta paye?
—Mon enfant, la patrie ne m’accorde que cinquante centimes tous les cinq jours.
—Ce n’est pas beaucoup.
—Sur lesquels on me retient deux sous pour la salle d’armes et un sou pour le cirage: reste sept, que j’abandonne généreusement à mon camarade de lit.