C’était le 11 juillet 1792.

Le rapport entendu, les conclusions furent adoptées, et, aussitôt après, le président se levant, prononce d’une voix émue et au milieu d’un silence effrayant, la formule solennelle:

«Citoyens, la patrie est en danger.»

L’effet, je me le rappelle, fut terrible.

Il n’y eut pas un cri dans les tribunes publiques, pas un mot, pas un geste.

Et quand la séance fut levée, la foule, turbulente d’ordinaire, et qui emplissait les escaliers du tumulte de ses discussions, la foule s’écoula muette et consternée.

Cependant, les patriotes étaient satisfaits.

—Voilà enfin un acte, disaient-ils, et qui vaut un peu mieux que les embrassades de l’autre jour... Ça ira, maintenant; il faudra bien que M. Véto marche droit.

Mais c’est en vain que le lendemain on attendit les grandes mesures du salut public.

La déclaration demandée le 30 juin, formulée le 4 juillet et votée le 11, ne devait être proclamée que le 22 juillet. Il fallut tout ce temps pour obtenir du pouvoir exécutif l’autorisation nécessaire.