—Et... patriote, n’est-ce pas?... C’est-à-dire grand partisan des idées nouvelles; hantant les clubs et les sections.
C’était, à ce qu’il me parut, une superbe occasion de prendre ma revanche de ses sarcasmes.
Me drapant donc de toute la dignité dont j’étais capable:
—Vous l’avez dit, mademoiselle, répondis-je, mon père est patriote... Mon père est de ceux qui pensent que «tous les citoyens sont égaux, et que s’ils doivent être distingués entre eux, c’est par la vertu et non par la naissance... Mon père croit que chaque citoyen a des droits et doit mourir plutôt que de les abandonner...»
Je puis bien vous dire, mes amis, que cette belle phrase, qui était du citoyen Robespierre, et non de moi, parut égayer singulièrement ma compagne.
Elle m’interrompit d’un éclat de rire, en disant:
—A merveille!... Je vois que j’ai eu ce rare bonheur d’être secourue par un philosophe... Je doute seulement, citoyen, que vos beaux principes eussent suffi à me tirer des mains des patriotes qui voulaient m’écharper... Les poings du robuste sans-culotte qui est venu à notre secours m’inspireraient plus de confiance... Vous le connaissez beaucoup, ce sans-culotte?
—C’est un des geindres... je veux dire un des garçons de mon père.
—Et il vous est dévoué.
—Aveuglément.