—Les citoyens ont compris que j’avais raison, répondit-il, et ils m’ont payé une bouteille.

Puis, s’adressant à notre inconnue:

—Maintenant, toi, citoyenne, lui dit-il, voudrais-tu nous faire le plaisir de nous dire pourquoi ces braves patriotes t’en voulaient si fort?

Elle rougit un peu, mais c’est du ton le plus dégagé qu’elle répondit:

—C’est ce qu’ils ont oublié de m’apprendre.

A l’air capable dont Fougeroux hocha la tête, je vis bien que ses adversaires avaient dû parler, et qu’il était travaillé de défiances.

—A d’autres!... grogna-t-il. Des patriotes sont incapables de malmener, sans raison, une jeune fille comme toi... Je les ai interrogés, ils prétendent que tu n’es qu’une aristocrate déguisée, une émissaire de Coblentz et des Prussiens...

—Ah! ils prétendent cela.

—Mais, oui... Au moment où la reine quittait le champ de la Fédération, ils t’ont vue te faufiler jusqu’à son carrosse et lui jeter un billet...

Je pensais qu’elle allait essayer de nier: point.