Un sourire bas errait toujours sur ses lèvres plates et minces, que n’ombrageait pas un seul poil de barbe.
D’un peu loin, avec sa taille exiguë et sa face imberbe, il ressemblait à ces odieux gamins de Paris, qui sont comme l’essence même de toutes les corruptions, dont l’imagination est plus souillée que le ruisseau où ils cherchent les sous perdus entre les pavés.
À l’invitation du juge de paix, le rebouteux fit quelques pas dans le salon, souriant et saluant.
—Monsieur le juge de paix, disait-il, aurait-il par hasard et par bonheur besoin de moi?
—Nullement, maître Robelot, en aucune façon. Je veux seulement vous féliciter d’être arrivé si à propos pour saigner M. Courtois. Votre coup de lancette lui a peut-être sauvé la vie.
—C’est bien possible, tout de même, répondit le rebouteux.
—M. Courtois est généreux, il reconnaîtra bien ce service qui est grand.
—Oh! je ne lui demanderai rien. Je n’ai, Dieu merci! besoin de personne. Qu’on me paie seulement mon dû et je suis content.
—Oui, je sais, on me l’a dit, vos affaires vont bien, vous devez être satisfait.
La parole de M. Plantat était devenue amicale, presque paternelle. Il s’intéressait fort, on le voyait, à la prospérité de maître Robelot.