«Il est un point de cette affaire ténébreuse sur lequel, grâce à vous, nous sommes parfaitement fixés.

«Nous savons que Mme de Trémorel possédait et cachait, au su de son mari—un papier, un acte, une lettre—dont celui-ci convoitait la possession et qu’elle refusait absolument, en dépit de ses prières, de lui donner.

«Vous nous avez affirmé que le désir—la nécessité peut-être—de s’emparer de ce papier a contribué puissamment à armer la main du comte.

«Nous ne serons donc pas téméraires en supposant à ce titre une importance non seulement extraordinaire, mais encore tout à fait exceptionnelle.

«Il faut croire, à plus forte raison, qu’il est, de sa nature, extrêmement compromettant. Mais qui compromet-il? Le comte et la comtesse ensemble, ou seulement le comte? À cet égard j’en suis réduit aux conjectures.

«Ce qui est acquis, c’est que ce titre est une menace—exécutable sur-le-champ—suspendue sur la tête de celui ou de ceux qu’elle concerne.

«Ce qui est sûr, c’est que Mme de Trémorel considérait cet écrit, soit comme une garantie, soit comme une arme terrible mettant son mari à sa discrétion.

«Ce qui est un fait, c’est que, pour se délivrer de cette menace perpétuelle qui troublait sa vie, M. de Trémorel a tué sa femme.

Si logique était la déduction, ses derniers termes faisaient si bien éclater l’évidence, que le docteur et le père Plantat ne purent retenir une exclamation approbative.

Ils s’écrièrent ensemble: