—C’est notre affaire.

Le père Plantat ouvrit alors le cabinet qui sert de décharge à sa bibliothèque, sorte de trou noir, humide faute d’air, étroit, et tout plein de livres de rebut, de paquets de journaux et de vieux papiers.

—Tu seras, là-dedans, comme un petit roi, dit l’agent au rebouteux.

Et, après l’avoir fouillé, il le poussa dans le cabinet. Robelot ne résista pas, mais il demanda à boire et une lumière. On lui passa une carafe pleine d’eau et un verre.

—Quant à de la lumière, lui dit M. Lecoq, tu t’en passeras. Tu n’aurais qu’à nous jouer quelque mauvais tour.

La porte du cabinet noir refermée, le père Plantat tendit la main à l’agent de la Sûreté.

—M. Lecoq, lui dit-il, d’une voix émue, vous venez probablement de me sauver la vie au péril de la vôtre; je ne vous remercie pas. Un jour viendra, je l’espère, où il me sera possible...

L’homme de la préfecture l’interrompit d’un geste.

—Vous savez, monsieur, fit-il, combien ma peau est compromise, la risquer une fois de plus n’est pas un mérite; puis, sauver la vie à un homme, ce n’est pas toujours lui rendre service...

Il resta pensif quelques secondes et ajouta: