Il parlait, il parlait, s’animant au choc des pensées diverses qui se pressaient tumultueusement dans son cerveau, s’exaltant au cliquetis des mots.
Et il ne jouait pas la comédie. Sa bonne foi était complète, intacte, entière. Il ne songeait même pas à se trouver bien.
—Mais... alors... hasarda miss Fancy...
—Quoi? tu te trouves libre? Cela va sans se dire.
Elle ne savait trop encore si elle devait s’affliger ou se réjouir.
—Oui! déclara-t-il, je te rends ta liberté. Jenny eut un geste sur lequel Hector se méprit.
—Oh! mais, sois tranquille, ajouta-t-il vivement je ne te quitte pas ainsi, je ne veux pas que demain tu te trouves dans l’embarras. Le loyer ici étant à ton nom, le mobilier te reste, et, de plus, j’ai songé à toi. J’ai là, dans ma poche, cinq cents louis, c’est toute ma fortune, je te l’apporte.
Il lui présentait en même temps sur une assiette—imitant en riant les garçons de restaurant qui rapportent la monnaie—ses dix derniers billets de mille francs.
Elle les repoussa avec horreur.
—Eh bien! fit-il, reprenant son ton d’homme supérieur, voilà un beau mouvement, mon enfant, c’est bien, très bien. Je l’ai toujours pensé, vois-tu, et toujours dit, tu es une bonne fille, trop bonne même, il faudra te corriger.