—Vrai... quoi?

—Votre mariage.

Il se tut d’abord, se demandant s’il devait accepter l’explication ou l’esquiver. Enfin, froissé du ton impérieux de Berthe, il répondit:

—Oui!

Cette réponse la foudroya. Jusqu’alors elle avait eu une lueur d’espoir. Elle pensait que, dans tous les cas, il chercherait à la rassurer, à la tromper. Il est des circonstances où le mensonge est un suprême hommage. Mais non, il avouait. Et elle restait anéantie, les expressions manquant à ses sensations.

Alors, Trémorel bien vite se mit à lui exposer les motifs de sa conduite.

Pouvait-il habiter éternellement le Valfeuillu! Avec ses goûts et ses habitudes, que ferait-il de quinze mille livres de rentes? À trente ans, il est temps ou jamais de songer à l’avenir. M. Courtois donnait un million à sa fille, et, à sa mort, on recueillerait une somme plus considérable encore. Fallait-il laisser échapper cette occasion unique. Certes, il se souciait fort peu de Laurence, la dot seule le décidait.

Et il se faisait ignoble et bas à plaisir, se calomniant, jurant que ce mariage n’était qu’une affaire, un marché, qu’il échangeait simplement son nom et son titre contre de l’argent.

Berthe l’arrêta d’un regard écrasant de mépris.

—Épargnez-vous d’autres lâchetés, dit-elle, vous aimez Laurence.