Évidemment il allait s’affaiblissant d’heure en heure, il s’éteignait et tout le monde s’en apercevait.

C’est en cet état de choses que le docteur R... avait demandé une consultation et lorsque Trémorel reparut, Berthe, le cœur serré, en attendait les résultats.

Enfin, la porte du petit salon s’ouvrit et la placide figure des hommes de l’art dut rassurer l’empoisonneuse.

Désolantes étaient les conclusions de cette consultation. Tout avait été tenté, épuisé, on n’avait négligé aucune des ressources humaines; on ne pouvait plus rien attendre que de l’énergique constitution du malade.

Plus froide que le marbre, immobile, les yeux pleins de larmes, Berthe, en écoutant cet arrêt cruel, offrait si bien l’image parfaite de la Douleur ici-bas, que tous ces vieux médecins en furent remués.

—N’y a-t-il donc plus d’espoir, Ô mon Dieu! s’écria-t-elle d’une voix déchirante.

C’est à peine si le docteur R... osa essayer de la rassurer un peu. Il lui répondit vaguement quelques-unes de ces phrases banales qui signifient tout et ne veulent rien dire, et qui sont comme le lieu commun; des consolations qu’on sait inutiles.

—Il ne faut jamais désespérer, disait-il, chez des malades de l’âge de Sauvresy, la nature, lorsqu’on s’y attend le moins, fait souvent des miracles.

Mais ayant pris Hector à part, le docteur l’engagea à préparer au coup terrible cette malheureuse jeune femme, si dévouée, si intéressante et qui aimait tant son mari.

—Car, voyez-vous, ajouta-t-il, je ne crois pas que M. Sauvresy puisse vivre plus de deux jours.