Mais les heures volaient, et Sauvresy sentait la vie se retirer de lui.

—Il ne reste qu’un acte à jouer, fit-il; Hector, va appeler les domestiques, qu’on fasse lever ceux qui sont couchés, je veux les voir avant de mourir.

Trémorel hésitait.

—Va donc, veux-tu que je sonne, veux-tu que je tire un coup de pistolet pour attirer ici toute la maison!

Hector sortit.

Berthe était seule avec son mari; seule!

Elle eut l’espoir que peut-être elle parviendrait à le faire revenir sur ses résolutions, qu’elle obtiendrait son pardon. Elle se rappelait le temps où elle était toute puissante, le temps où son regard fondait les résolutions de cet homme qui l’adorait.

Elle s’agenouilla devant le lit.

Jamais elle n’avait été si belle, si séduisante, si irrésistible. Les poignantes émotions de la soirée avaient fait monter toute son âme à son front, ses beaux yeux noyés de larmes suppliaient, sa gorge haletait, sa bouche s’entrouvrait comme pour des baisers, cette passion pour Sauvresy née dans la fièvre éclatait en délire.

—Clément, balbutiait-elle, d’une voix pleine de caresses, énervante, lascive, mon mari, Clément!...