Il parlait fort délibérément, mais il cherchait en même temps l’effet de son compliment sur la physionomie du père Plantat.
«Où diable ce bonhomme a-t-il eu ces détails? se demandait-il. Est-ce lui qui a rédigé ce mémoire, et, si ce n’est pas lui, qui ce peut-il être? Comment, possédant de tels renseignements, n’a-t-il rien dit?»
M. Plantat ne voulut pas remarquer la muette interrogation de M. Lecoq.
—Je sais, dit-il, que le corps de Sauvresy n’était pas refroidi que déjà ses assassins en étaient à échanger des menaces de mort.
—Malheureusement pour eux, observa le docteur Gendron, Sauvresy avait prévu le cas où sa veuve aurait voulu utiliser le restant du flacon de verre bleu.
—Ah! il était fort, fit Lecoq, d’un ton convaincu, très fort.
—Berthe, continuait le père Plantat, ne pouvait pardonner à Hector de ne pas avoir pris le revolver qu’on lui tendait, et de ne pas s’être fait sauter la cervelle. Sauvresy avait encore prévu cela. Berthe s’imaginait que son amant mort, son mari aurait tout oublié, et on ne peut dire si elle se trompait.
—Et le public n’a jamais rien su de l’horrible guerre intérieure?
—Le public n’a jamais rien soupçonné.
—C’est merveilleux!