Quand par malheur on a mis le docteur Gendron sur les poisons, il est difficile de l’arrêter. Mais, d’un autre côté, M. Lecoq ne perd jamais son but de vue.

—Pardon de vous interrompre, docteur, fit-il, retrouverait-on des traces d’aconitine dans un cadavre inhumé depuis près de deux ans. Car enfin, M. Domini va vouloir l’exhumation.

—Les réactifs de l’aconitine, monsieur, ne sont pas assez connus pour en permettre l’isolement dans les produits cadavériques. Bouchardat a bien proposé l’iodure de potassium ioduré qui donnerait un précipité orange, mais cette expérience ne m’a pas réussi.

—Diable, fit M. Lecoq, voilà qui est contrariant.

Le docteur eut un sourire de triomphe.

—Rassurez-vous, dit-il, le procédé n’existait pas, je l’ai inventé.

—Ah! s’écria le père Plantat, votre papier sensibilisé.

—Précisément.

—Et vous retrouveriez de l’aconitine dans le corps de Sauvresy.

—Je retrouverais, monsieur l’agent, un milligramme d’aconitine dans un tombereau de fumier.