L’agent de la Sûreté prit alors congé de M. Domini et se retira suivi du père Plantat. Le docteur Gendron restait avec le juge pour s’entendre avec lui au sujet de l’exhumation de Sauvresy.
M. Lecoq allait sortir du palais de justice, lorsqu’il se sentit tirer par la manche. Il se retourna, c’était l’agent de Corbeil qui venait lui demander sa protection, le conjurant de le prendre avec lui, persuadé qu’après avoir servi sous un si grand capitaine, il serait lui aussi très fort. M. Lecoq eut bien du mal à s’en débarrasser.
Enfin, il se trouvait seul dans la rue avec le vieux juge de paix.
—Il se fait tard, lui dit le père Plantat, vous serait-il agréable de partager encore mon modeste dîner et d’accepter ma cordiale hospitalité?
—Ce m’est un vrai chagrin, monsieur, de vous refuser, répondit M. Lecoq, mais je dois être ce soir à Paris.
—C’est que, reprit le vieux juge de paix—et il hésitait—c’est que j’aurais vivement désiré vous parler, vous entretenir...
—Au sujet de Mlle Courtois, n’est-ce pas?
—Oui, j’ai un projet, et si vous vouliez m’aider...
M. Lecoq serra affectueusement les mains du père Plantat.
—Je vous connais depuis bien peu d’heures, monsieur, dit-il, et cependant je vous suis dévoué autant que je le serais à un vieil ami. Tout ce qu’il me sera humainement possible de faire pour vous être agréable ou utile, je le ferai.