—Et alors?
—Le locataire s’appelle bien Wilson, mais ce n’est pas l’homme au portrait, j’en suis sûr.
Le juge de paix eut un geste de désappointement, mais M. Lecoq ne se décourageait pas si vite.
—Comment as-tu des détails? demanda-t-il à son agent.
—J’ai fait parler un domestique.
—Malheureux! s’écria le père Plantat, vous avez peut-être éveillé les soupçons!
—Pour cela, non, répondit M. Lecoq, j’en répondrais; Pâlot est mon élève. Explique-toi, mon garçon.
—Pour lors, monsieur, l’hôtel reconnu, habitation cossue, ma foi! Je me suis dit: «Voici bien la cage, sachons si l’oiseau est dedans.» Mais comment faire? Par bonheur, et par le plus grand des hasards, j’avais sur moi un louis; sans hésiter, je le glisse dans le canal qui conduit au ruisseau de la rue, les eaux ménagères de l’hôtel.
—Puis tu sonnes?
—Comme de juste. Le portier—car il y a un portier—vient m’ouvrir, et moi de mon air le plus vexé je lui raconte qu’en tirant mon mouchoir de poche, j’ai laissé tomber vingt francs et je le prie de me prêter un instrument quelconque pour essayer de les rattraper. Il me prête un morceau de fer, il en prend un de son côté, et en moins de rien nous retrouvons la pièce. Aussitôt, je me mets à sauter, comme si j’étais le plus heureux des hommes et je le prie de se laisser offrir un verre de n’importe quoi, en manière de remerciement.