—Assez! interrompit M. Lecoq, mon siège est fait.

Et se levant brusquement, il ouvrit la porte de son compartiment et passa, suivi de M. Plantat et du Pâlot, dans le grand cabinet. Comme la première fois, tous les agents se levèrent.

—M. Job, dit alors l’agent de la Sûreté à son lieutenant, écoutez bien l’ordre. Vous allez, dès que je serai parti, régler ce que vous devez ici. Puis, comme il faut que je vous aie sous la main, vous irez tous vous installer chez le premier marchand de vins qu’on trouve à droite, en remontant la rue d’Amsterdam. Dînez, vous avez le temps, mais sobrement, vous entendez.

Il tira de son porte-monnaie deux louis, qu’il plaça sur la table en disant:

—Voilà pour le dîner.

Puis il sortit, après avoir recommandé à Pâlot de le suivre de très près. Avant tout, M. Lecoq avait hâte de reconnaître par lui-même l’hôtel habité par Trémorel. D’un coup d’œil il jugea que les dispositions intérieures étaient bien telles que le disait Pâlot.

—C’est bien cela, dit-il au père Plantat, nous avons la position pour nous. Nos chances sont à cette heure de quatre-vingt-dix sur cent.

—Qu’allez-vous faire? demanda le vieux juge de paix que l’émotion gagnait à mesure qu’approchait le moment décisif.

—Pour le moment, rien, je ne veux agir que la nuit venue. Ainsi, ajouta-t-il presque gaiement, puisque nous avons deux heures à nous, faisons comme nos hommes, je sais justement dans ce quartier, à deux pas, un restaurant où on dîne fort bien, allons dîner.

Et sans attendre la réponse du père Plantat, il l’entraîna vers le restaurant du passage du Havre. Mais au moment de mettre la main sur le bouton de la porte, il s’arrêta et fit un signe. Pâlot aussitôt s’approcha.