XI
LES PROJETS.
Tout n’est qu’heur et malheur.
Ainsi, pour la première fois, dans l’esprit de Max, l’idée de Louise se trouva rapprochée de l’idée de mariage.
Le cœur du vicomte avait fait tant de chemin en moins de six mois que cette idée, qui autrefois lui eût semblé la plus bouffonne du monde, lui paraissait maintenant presque naturelle.
Il en était à peser les difficultés, à chercher un moyen de les vaincre.
Son plus grand embarras était de faire accepter son mariage par ses amis, par ses connaissances, à se sauver du ridicule, la seule chose vraiment redoutable.
—L’originalité me tirera de là, pensait-il, je m’afficherai autant que possible, ce sera un esclandre; mais, au bout de huit jours, personne n’en parlera plus. Maintenant on ne se marie plus que pour de l’argent; j’aurai pour moi les gens exaltés et les jeunes femmes sentimentales.
Quant à son père, le sévère comte de Tressang, Max ne doutait pas d’avoir son consentement, en lui présentant la chose d’une certaine façon.
Restaient encore quelques scrupules, quelques vieux préjugés, l’absence de Louise les dissipa tous.
Le vicomte se résolut donc à une grande démarche. Un beau jour il se présenta chez Louise: