M. Méchinet prenait dans mon esprit des proportions fantastiques.
Lui, le lendemain, vint tranquillement me remercier encore et m’invita à dîner.
Si j’étais tout yeux et tout oreilles en pénétrant dans l’intérieur de mes voisins, on le devine. Mais j’eus beau concentrer toute mon attention, je ne surpris rien de nature à dissiper le mystère qui m’intriguait si fort.
A dater de ce dîner, cependant, nos relations furent plus suivies. Décidément, M. Méchinet me prenait en amitié. Rarement une semaine s’écoulait sans qu’il m’emmenât manger sa soupe, selon son expression, et presque tous les jours, au moment de l’absinthe, il venait me rejoindre au café Leroy, et nous faisions une partie de dominos.
C’est ainsi qu’un certain soir du mois de juillet, un vendredi, sur les cinq heures, il était en train de me battre à plein double-six, quand un estafier, d’assez fâcheuse mine, je le confesse, entra brusquement et vint murmurer à son oreille quelques mots que je n’entendis pas.
Tout d’une pièce et le visage bouleversé, M. Méchinet se dressa.
—J’y vais, fit-il; cours dire que j’y vais.
L’homme partit à toutes jambes, et alors me tendant la main:
—Excusez-moi, ajouta mon vieux voisin, le devoir avant tout... nous reprendrons notre partie demain.
Et comme, tout brûlant de curiosité, je témoignais beaucoup de dépit, disant que je regrettais bien de ne le point accompagner: