La marquise ne répondit plus. Comme d’ordinaire, elle subissait l’influence; cependant une idée la prit, qui lui fit faire un soubresaut sur ses oreillers.

—Mais ce jeune homme, Henriette, tu le connais à peine.

—Assez pour l’aimer.

—Mais, ma fille, ce n’est pas une raison, cela.

—C’est une raison, ma mère.

—Cependant je ne puis pas aller le demander en mariage, moi, cela n’est pas reçu. Te connaît-il? t’a-t-il remarquée? t’a-t-il fait pressentir?....

—Absolument, rien.

—Eh bien, alors?

—Mais, ma bonne mère, dit Henriette avec un geste d’impatience, comprenez donc que c’est pour cela, précisément, que j’ai compté sur vous, sans cela.... Pensez donc, je vieillis, il faut me marier; le vicomte sera, j’en suis sûre, un excellent mari, si j’allais plus tard épouser un homme tyrannique qui voulût nous séparer... Oh! je serais bien malheureuse, et vous, ma mère?

Toutes les terreurs de la marquise revinrent; elle se voyait, seule, avec ses douze mille livres de rente, sans train de maison, sans fêtes, sans voiture....