—Soyez sans inquiétude, madame, nous tiendrons votre promesse. Nous savons élever nos enfants selon le sort qui les attend à la sortie du séminaire. Et d’ailleurs, Dieu a besoin de serviteurs partout, dans le monde aussi bien qu’au pied des autels; peut-être un jour viendra, où tous réunissant leurs efforts...
Les interlocuteurs se mirent à parler bas. Je n’entendis plus rien qu’un chuchotement vague, et de temps à autre quelques mots que je ne comprenais pas, qui pour moi, ignorant encore le monde—et l’histoire—ne représentaient aucune idée.
Cependant les chaises remuèrent, je compris que la visite touchait à sa fin.
—Il faut pourtant, monsieur, dit la comtesse, que je vous entretienne d’un point essentiel sur lequel j’ai trouvé mon mari inflexible. Vos élèves ne sortent jamais, m’a-t-on dit.
—Jamais, madame.
—Et cependant monsieur le comte a déclaré qu’il voulait que son fils vînt passer tous les dimanches à la maison.
Le supérieur ne répondit pas tout d’abord, sans doute il réfléchissait.
—Soit, dit-il enfin, notre règle est fixe, mais non immuable. Nous accordons cette faveur à quelques familles, et vos efforts l’ont bien méritée. Votre fils sortira autant que vous l’entendrez.
—Alors, monsieur, je ne vois plus d’obstacle. Dieu a béni mon entreprise. Lundi, je vous amènerai mon fils. Maintenant, pour le prix de la pension...
—Oh! madame, ceci n’est pas une question, et encore, je dois vous avouer que ce n’est pas de mon ressort...