—Mon Dieu!... c’est une fatalité...

M. Méchinet ne sourcilla pas.

—Je vous demande, madame, insista-t-il, où votre mari a passé la soirée d’avant-hier.

Il fallut à la jeune femme du temps pour répondre, parce que les sanglots semblaient l’étouffer. Enfin, se maîtrisant:

—Avant-hier, gémit-elle, mon mari a passé la soirée hors de la maison.

—Savez-vous où il était?

—Oh! pour cela oui... Un de nos ouvriers, qui habite Montrouge, avait à nous livrer une parure de perles fausses et ne la livrait pas... Nous risquions de garder la commande pour compte, ce qui eût été un désastre, car nous ne sommes pas riches... C’est pourquoi, en dînant, mon mari me dit: «Je vais aller jusque chez ce gaillard-là!...» Et, en effet, sur les neuf heures, il est sorti, et même je suis allée le conduire jusqu’à l’omnibus, où il est monté devant moi, rue Richelieu...

Je respirai plus librement... Ce pouvait être un alibi, après tout.

M. Méchinet eut la même pensée, et plus doucement:

—S’il en est ainsi, reprit-il, votre ouvrier pourra affirmer qu’il a vu M. Monistrol chez lui à onze heures...