Nous étions également sûrs que madame Monistrol n’avait pas bougé de chez elle le soir du meurtre... Mais tout démontrait qu’elle était moralement complice du crime, qu’elle en avait eu connaissance, si même elle ne l’avait conseillé et préparé, et que par contre elle connaissait très-bien l’assassin...

Qui était-il donc, cet assassin?...

Un homme à qui le chien de Monistrol obéissait comme à ses maîtres, puisqu’il s’en était fait suivre en allant aux Batignolles...

Donc, c’était un familier de la maison Monistrol.

Il devait haïr le mari, cependant, puisqu’il avait tout combiné avec une infernale adresse pour que le soupçon du crime retombât sur cet infortuné.

Il fallait, d’un autre côté, qu’il fût bien cher à la femme, puisque le connaissant elle ne le livrait pas, lui sacrifiant sans hésiter son mari...

Donc...

Oh! mon Dieu! la conclusion était toute formulée. L’assassin ne pouvait être qu’un misérable hypocrite, qui avait abusé de l’affection et de la confiance du mari pour s’emparer de la femme.

Bref, madame Monistrol, mentant à sa réputation, avait certainement un amant, et cet amant, nécessairement était le coupable...

Tout plein de cette certitude, je me mettais l’esprit à la torture pour imaginer quelque ruse infaillible qui nous conduisît jusqu’à ce misérable.