—Et lequel?

—Tout en travaillant la nuit à mon œuvre de délivrance, le jour j'employais toute mon intelligence à me procurer un plan exact de cette partie de la Bastille; il m'importait de savoir à quel point pouvait aboutir mon souterrain.

Il serait trop long de vous dire les mille ruses auxquelles je dus avoir recours pour en arriver à mon but. Enfin, après bien des essais, il me fut prouvé que le canal ne communiquait pas aux fossés de la Bastille, mais bien à une autre citerne située dans le jardin même du gouverneur.

—Et le découragement ne s'est pas emparé de vous? demanda le chevalier que stupéfiait tant de patience et de volonté.

—L'homme de cœur ne se décourage jamais; il tourne les difficultés qu'il ne peut surmonter, voilà tout. Aux imbéciles de s'asseoir désespérés au pied de l'obstacle qui les arrête.

En feignant une maladie, je pus visiter le jardin du gouverneur.

J'ai vu la citerne; la remonter est un jeu d'enfant, et une fois sur le bord, il n'y a plus qu'une barrière matérielle, le rempart.

Il s'agit de descendre dans le fossé, et la hauteur est prodigieuse.

Il faut une échelle, me dis-je, mais cette échelle, je la ferai.

Et depuis, assembler les matériaux nécessaires, est devenu ma seule pensée.