—Non! s'écria Olivier avec violence, non! tu me conseilles une méchante action. Jamais je ne saurais me résoudre à perdre d'honneur celle que j'aime; jamais!...
—Alors, monsieur, laissez-la épouser l'autre.
—Tais-toi, malheureux! vociféra Olivier furieux, tais-toi!
Et il courut chez messire de Mondeluit, pensant y trouver un bon conseil.
Le magistrat travaillait dans son cabinet lorsque se présenta le jeune homme.
—Je viens vous prier, mon maître, lui dit-il d'un ton solennel, de bien vouloir m'entendre et me prêter votre assistance; il s'agit d'un acte qui doit influer sur ma vie entière, et je me reprocherais d'avoir pris une détermination sans vous consulter.
M. de Mondeluit parut extrêmement surpris de ce solennel exorde; il repoussa vivement les papiers amoncelés devant lui et, attirant un fauteuil au coin de sa cheminée:
—Parlez, dit-il, je vous écoute.
Le malheureux amant recommença le récit de ses amours et de ses malheurs.
Mais, à mesure qu'il parlait, le front de son auditeur se faisait froid et sévère; par instant même, il haussait les épaules.