Olivier dut convenir que son ami avait raison, et tous deux, ayant donné l'ordre au cocher de les attendre, s'approchèrent de la palissade qui fermait la brèche.
En un instant, le chevalier eut examiné la disposition des lieux.
—Une évasion est la chose du monde la plus facile, prononça-t-il alors, et si vous êtes sûr de la bonne volonté de votre maîtresse...
—Elle m'a dit que, pour la sauver d'un mariage qui faisait son désespoir, elle s'en remettait entièrement à moi.
—Alors tout est pour le mieux. Mais comme il ne faut pas s'exposer à lui faire perdre une minute, nous allons tout préparer pour sa fuite rapide. Vous avez apporté quelque outil, je présume?
—Le voici.
—Très bien, cher ami. Maintenant, faites le guet, afin que je ne puisse être surpris; je vais couper adroitement les planches, de façon qu'au dernier moment nous n'aurons qu'à y donner un coup de pied pour ouvrir un passage.
Olivier obéit. Au bout de quelques minutes son compagnon le rappela.
—Tout est fini, lui dit-il.
Alors il fut convenu que lorsque la jeune fille paraîtrait, le chevalier se retirerait afin de ne pas augmenter sa confusion.