—Mais, mon cher, je ne suis pas un inconnu pour elle; je l'ai rencontrée fort souvent chez madame de Sarremont, ma sœur; son mari même est fort de mes amis.
C'est une femme vraiment charmante, douce, spirituelle, et qui n'a qu'un tort, à mon avis; elle est un peu dévote et écoute trop son directeur.
Vous ne la connaissez donc pas?
—Je l'ai vue ce soir pour la première fois, hélas! en de telles circonstances, que je ne l'oublierai de ma vie. Mais, dites-moi, mon ami, quelle est cette dame?
—Elle s'appelle madame la marquise de Brinvilliers.
X
UN JOUR DE BONHEUR
Rentré chez lui, Olivier eut toutes les peines du monde à renvoyer son compagnon; M. de Tancarvel voulait s'installer près de lui.
—Vous me paraissez trop affligé, lui répondit l'insoucieux officier, pour que je songe même à m'éloigner; la solitude, voyez-vous, est mauvaise conseillère, la douleur est une maladie qui a son remède comme toutes les autres.
Laissez-moi être votre médecin. A quoi bon rester seul ici, à attiser votre infortune. Ferez-vous que ce qui est ne soit pas?
Olivier gardait toujours un obstiné silence.