Je ne rêve pas!...

Olivier est venu!...

Cette chambre de bénédictin doit être la sienne... Je suis libre!...

Ah! il y avait longtemps que je n'avais vu le soleil, respiré cet air subtil et pur, embaumé du parfum des fleurs, entendu chanter les oiseaux dans les arbres.

Autrefois aussi, plus loin, j'étais jeune, beau, riche, noble, aimé, sous le ciel clément et doux de l'Italie.

Mes palais baignaient leurs pieds blancs dans les flots bleus du Tibre, de la mer de Naples et de l'Adriatique.

Mes villas miraient leurs colonnades et leurs fantômes de marbre dans le miroir des grands lacs de Come et de Garde.

J'étais le roi de ces paradis terrestres.

O ma jeunesse, ma beauté, ma fortune, mon nom et mon honneur, ma force, mon amour et ma liberté, oui, j'ai donné tout cela pour les faveurs amères d'une divinité morose, implacable et jalouse.

O science, maîtresse inexorable, que tes amants n'apaisent que par des hécatombes, qu'as-tu fait pour moi, qui t'offrais en holocauste des victimes humaines?