Pour ceux de cette classe qui en possédaient, pour les grands seigneurs directement attachés à la maison royale, on rencontrait encore un ou deux établissements d'un genre particulier, qu'il est fort difficile de définir, parce qu'il n'y en a plus de semblables.

Ces établissements étaient ordinairement tenus par des hommes experts dans tout ce qui concernait la toilette, et renommés pour leur habileté à coiffer les cavaliers et les dames.

Les barbiers et les baigneurs ne formaient alors qu'une seule et même profession; ils étaient constitués en corporation, sous le titre de barbiers-étuvistes; mais le maître de la maison dont nous parlons et qu'on nommait le baigneur par excellence, n'était point soumis aux règlements de cette corporation.

Il exerçait son état par un privilége spécial émané d'un prince lui-même ou d'un des plus grands dignitaires de l'État.

On se rendait chez lui pour différents motifs.

D'abord, par raison de santé et de propreté: c'était là, en effet, que l'on prenait les meilleurs bains, les bains épilatoires, les bains mêlés de parfums et de cosmétiques, par lesquels on donnait plus de vigueur au corps, plus de douceur à la peau, plus de souplesse aux membres.

Cette maison était pourvue de domestiques réservés, discrets, adroits.

On s'y renfermait la veille d'un départ ou le jour même d'un retour, afin de se préparer aux fatigues qu'on allait éprouver, ou pour se remettre de celles qu'on avait essuyées.

Voulait-on disparaître un instant du monde, fuir les importuns et les ennuyeux, échapper à l'œil curieux de ses gens, on allait chez le baigneur; on s'y trouvait servi, fêté, choyé; on s'y procurait toutes les jouissances qui caractérise le luxe ou la dépravation.

Le maître et tous ceux qui étaient sous ses ordres devinaient à vos gestes, à vos regards si vous vouliez garder l'incognito, et tous ceux dont vous étiez entouré et dont vous étiez le mieux connu paraissaient ignorer jusqu'à votre nom.