—Au nom du roi, ouvrez-vous? reprenait une autre voix, votre hésitation pourrait vous coûter cher.
—Soit, reprit maître Hugonnet, je vais descendre retirer les barres; prenez un peu de patience. Mais si vous me trompez, par saint Leu, mon patron, j'irai quérir le guet... Donc, attendez un instant et ne vous en prenez pas à la porte d'une honnête maison.
Terrible était, durant cette courte scène, l'anxiété des deux amants.
Ivre de fureur, Sainte-Croix tournait autour du salon comme un tigre captif; on eût dit qu'il cherchait une issue, comme si le feu de ses regards eût pu faire s'entr'ouvrir la muraille pour lui livrer passage.
La marquise, elle, était restée debout près de la fenêtre. Le front appuyé sur la vitre, elle s'efforçait de voir les gens qui assiégeaient le cabaret.
A ce moment, maître Hugonnet, suivi de La Chaussée, tout effaré, parut à la porte de l'appartement.
—Les gens du roi sont en bas, monsieur le chevalier, dit-il, que faut-il faire?
—Sur ta vie, s'écria Sainte-Croix, je te défends d'ouvrir!
—Ils enfonceront la porte, objecta La Chaussée.
—J'en ai terriblement peur, dit Hugonnet. Ah! quel scandale pour une honnête maison comme la mienne.