Charles-Quint avait, il faut le dire, trouvé le moyen de se faire des amis à la cour; de ce nombre était le connétable Anne de Montmorency, dont il n'avait pas dédaigné de flatter la grossière vanité. Il l'appelait à tout propos le plus grand capitaine de l'Europe.

Il avait été moins heureux dans ses tentatives près de la duchesse d'Etampes, la véritable souveraine du royaume, et cependant il se portait fort admirateur de cette beauté célèbre, seul trésor «qu'il enviât à son frère de France.»

Un jour, à la chasse, François Ier, qui prenait un malin plaisir à augmenter les terreurs de son hôte, lui avait dit, en lui montrant la favorite:

—Voici une belle dame, mon frère, qui me presse fort de ne vous point laisser partir sans avoir détruit à Paris l'ouvrage de Madrid.

Charles-Quint avait pâli à ces mots; cependant, avec un sourire blême il avait répondu:

—Si le conseil est bon il faut le suivre.

Mais le soir même, tandis que la duchesse d'Etampes lui présentait l'aiguière pour se laver les mains, l'empereur laissa tomber dans le bassin de vermeil un diamant d'une merveilleuse beauté et d'un prix incomparable. Et comme la duchesse voulait le lui rendre:

—Dieu me garde, dit-il, de le reprendre, il est en trop belles mains pour cela. Gardez-le en souvenir de moi.

Madame d'Etampes conserva le diamant, mais ils se sont trompés ceux qui ont cru qu'un tel présent pouvait acheter la maîtresse de François Ier. Certes elle fut sensible à cette courtoisie, à cet hommage rendu à sa beauté, mais jusqu'à la fin elle persista dans son opinion première. Ce n'est que plus tard qu'elle devait avoir recours à l'empereur.

Après de touchants adieux, après mille protestations au sujet de la fameuse investiture, l'empereur Charles-Quint quitta François Ier et continua sa route. Il ne pouvait plus dissimuler son impatience.