—Qu'est-ce que cela prouve?

—Tout, monsieur le comte. Laissez-moi vous montrer que ce système ne vaut pas mieux que l'autre. Tout d'abord, j'abandonne le témoignage de M. de Clinchan; il est clair qu'il répondrait conformément à vos intérêts.

—Passons, passons!...

—Mais en l'état de cause, le journal de M. de Clinchan est pour nous comme un livre à souche. Les fragments des feuillets déchirés remplissent le rôle du talon. Si les deux déchirures se rapportent, n'y a-t-il pas évidence? Hélas! les gens qui m'envoient vers vous sont bien habiles, ils n'ont rien oublié.

Le comte eut un sourire ironique, un de ces sourires d'homme qui tient en réserve un argument vainqueur.

—Est-ce vraiment votre opinion? demanda-t-il.

—En mon âme et conscience, oui!

—Alors, autant avouer.

—Oh!... avec de telles preuves contre soi, on avoue pas, on est convaincu.

—Alors, oui, c'est vrai, Montlouis a été tué comme le dit Clinchan. Et Clinchan, s'il est un imprudent, est un homme de cœur. Il a su quelles raisons, dans ma discussion avec Montlouis, m'ont exalté jusqu'au délire, et ces raisons, il ne les a pas consignées.