—D'abord, fit-il, je ne suis pas un traître, moi, tu le sais. Ensuite, notre intérêt nous répond de la sûreté. Un de nous peut-il être compromis sans que les autres le soient? Non, évidemment. D'ailleurs, la simplicité de ton rôle tu rassurera. Tu n'auras rien à faire qu'à indiquer le commencement de la piste. Les autres la prendront et la suivront après, à leurs risques et périls, tu seras, toi, parfaitement dégagé.
—Cependant...
Mais B. Mascarot, à bout de patience, fronçait terriblement les sourcils.
—En voilà assez, fit-il d'un ton bref et dur. Il ne s'agit plus de discuter, mais d'agir. Je suis le maître n'est-ce pas?...
Quand ce diable d'homme parle ainsi, résister c'est perdre son temps. Comme il faut toujours finir par en passer par où il veut, le plus court est encore d'obéir.
Catenac garda le silence, fort humilié intérieurement, mais encore plus intrigué.
—Assieds-toi à mon bureau, maître, reprit Mascarot, et note scrupuleusement ce que je vais te dire. Le succès, je te l'ai dit, est certain, mais encore faut-il que je sois secondé. Tout dépend de ton exactitude et de la précision de tes mouvements. Une fausse manœuvre peut tout perdre. Te voilà prévenu.
XX
Sans mot dire, la tête basse, voilant sous un équivoque sourire ses rancunes envenimées, maître Catenac alla s'asseoir devant le bureau du placeur.
Il déposa sur la tablette son calepin ouvert, s'arma d'un crayon, et dit: