Par elle vous aurez de nouveau le signalement de l'enfant que vous cherchez, et la date précise de son évasion.

Elle vous dira que c'est en 1856, le 9 septembre, au soir, qu'on s'était aperçu qu'il s'était enfui.

Elle vous dira que c'était alors un grand et vigoureux garçon, à la physionomie intelligente, à l'œil spirituel et vif, gros, gras, rose, pétillant de santé, âgé de douze ans et demi, mais en paraissant quinze pour le moins.

La supérieure vous apprendra encore que ce petit coquin, lors de sa fuite, était vêtu d'un pantalon de cotonnade rayée, bleu et blanc, et d'une blouse de toile grise; il était coiffé d'une petite casquette sans visière et avait une cravate de soie noire à pois blancs.

Enfin, toujours pour faciliter vos investigations, elle vous fera remarquer que sans nul doute, ce petit drôle, rempli de prévoyance, emportait dans un mouchoir à carreaux rouges une blouse blanche, un pantalon de laine grise et une paire de souliers neufs.

L'avocat examinait curieusement en dessous l'honorable placeur.

—Peste!... murmura-t-il, tu es bien informé.

—Mais oui, passablement... répondit négligemment B. Mascarot.

Et de son ton bref et précis, il poursuivit:

—De retour à l'hôtel, et alors seulement,—cela te regarde,—il est évident que vous tiendrez conseil afin de discuter votre plan de campagne. J'adopte celui que proposera Perpignan.