Le cauteleux avocat n'avait ni la conscience nette, ni l'esprit en repos. Sa trahison était claire comme le jour; pourquoi ses associés ne le trahiraient-ils pas? Qui lui affirmait que, pour se venger, ils ne lui avaient pas tendu quelque traquenard perfide, où il allait laisser son argent, sa considération volée, et même sa liberté?...

En une seconde, son esprit inquiet sonda toutes les probabilités.

Mais il eut beau interroger tous les dénouements possibles et imaginables, de cette affaire, il n'aperçut pas l'ombre d'un danger pour lui.

—Je souhaite, pour nous, fit-il, se remettant un peu, que Paul soit bien celui que vous dites... J'en doute fort, pourtant. Ne viens-tu pas de me confesser le contraire? D'ailleurs, pourquoi tant de précautions?... Seulement... tiens pour certain et positif que le duc a un moyen infaillible d'éventer la supercherie... Que veux-tu?... C'est ainsi dans la vie. La circonstance la plus futile, la plus bête suffit pour disloquer de savantes combinaisons, pour frapper de stérilité les prodiges du génie... je ne sais pas de miracle d'invention qui tienne contre un fait?...

D'un geste, le placeur interrompit son associé.

—Paul est véritablement le fils du duc de Champdoce, affirma-t-il.

Qu'est-ce que cela signifiait?... Catenac devinait une comédie, et il la jugeait puérile, absurde, ridicule...

—Tu y tiens, fit-il.... Alors laisse-moi m'assurer de la vérité.

—Oh!... à ton aise... que rien ne te retienne!...

L'avocat marcha vers Paul et avec une certaine vivacité: