—Dites donc, fit-il à voix basse et fort vite, vous allez voir papa, parlez-lui un peu de moi. Il vous aime beaucoup, parole d'honneur, il vous écoutera. Dites-lui que je suis capable de me faire sauter le caisson, hein!... Faites-la-lui au suicide, cela prend toujours... Qu'il laisse Zora et qu'il me donne de quoi payer Verminet et je fais tout ce qu'il voudra...

XXII

Quand André, enfin débarrassé du jeune M. Gaston, se présenta chez M. Gandelu, il fut effrayé de son affaissement et de l'affreuse altération de ses traits.

Sa franche et joyeuse physionomie présentait une désolante expression de

découragement et d'hébétude. Sa pâleur était livide, son teint terreux, tout le sang de ses joues affluait à ses paupières violacées et gonflées, sa lèvre inférieure pendait inerte.

Il avait pleuré, et, en essuyant ses larmes du revers de sa manche, il avait marqué sur son visage de grandes taches noirâtres.

Cependant, lorsque parut André, l'œil vitreux de M. Gandelu s'éclaira, et il se leva à demi de son fauteuil.

—Ah!... c'est vous, dit-il d'une voix dolente, cela m'a fait du bien de vous voir! Bénie soit la bonne aventure qui vous amène.