—Je suis ton ami, garçon, reprit-il, je veux t'être utile.

—Je venais, monsieur, plein de confiance, vous demander un service.

—Ah!... vous avez pensé à moi!... Eh bien! je suis content. Votre main, André, j'aime à sentir une main loyale dans la mienne, cela me remet un peu de vie au cœur... Parlez!...

Le jeune artiste se recueillit un moment.

—C'est le secret de ma vie, monsieur, fit-il enfin, avec une certaine solennité, que je vais vous confier.

M. Gandelu ne répondit pas, mais de son poing fermé il se frappa rudement la poitrine, et ce geste, mieux que tous les serments, garantissait son inviolable discrétion.

André n'hésita donc pas, et taisant seulement les noms, il raconta la touchante et simple histoire de ses amours, son ambition, ses espérances, et finit en exposant exactement la situation actuelle.

Quand il eut terminé:

—Que puis-je faire? demanda M. Gandelu.

—Me permettre, monsieur, de céder l'entreprise que vous m'aviez confiée à un de mes amis. Je garderai en apparence la direction et la responsabilité des travaux, en réalité je ne serai plus qu'un ouvrier... Cette combinaison me donnera ma liberté, et en même temps le moyen de gagner en quelques heures, chaque matin, ce qu'il me faut pour vivre...