Les poignées de louis, entre ses mains, fondent comme des poignées de neige. Qu'en fait-elle? Nul ne le sait. Elle-même ne saurait le dire.

A tous ces travers, on attribue les relations pénibles du comte et de la comtesse de Mussidan.

Marié, le comte a toutes les charges du mariage sans en avoir les bénéfices. Il a une maison montée et pas d'intérieur.

On assure que pendant des années, chaque jour, à chaque repas, il a attendu sa femme. Elle arrivait ou elle n'arrivait pas.

De guerre lasse, il s'est résigné à manger à son club et à vivre tout à fait en garçon.

Tout cela, le docteur le savait, avec bien d'autres choses encore, aussi est-ce sans la moindre préoccupation qu'il suivit le valet chargé d'ouvrir la porte du grand salon et d'annoncer.

Il est splendide, ce salon, très vaste, d'une hauteur de plafond désormais inusitée, et meublé avec une richesse extrême.

Et pourtant il est froid et triste. On sent dès le seuil que personne ne s'y tient jamais.

A demi étendue sur une causeuse, devant la cheminée, la comtesse de Mussidan lisait.

A la vue du docteur, elle se leva, laissant échapper une exclamation de plaisir.