Le duc, certainement l'avait lue. En travers, il avait écrit:

«Les armes que vous gardiez contre moi se tournent contre vous. Dieu est juste.»

Mme Diane pensa devenir folle en lisant ces deux lignes.

Il lui sembla que c'était une prophétie inspirée par le ciel même, qui lui annonçait les plus effroyables malheurs, qu'il lui fallait enfin expier les crimes de sa vie, et que l'heure du châtiment était venue.

Pour la première fois, cette âme de marbre connut le remords.

Elle pria et elle pleura.

Pauvre folle!... Elle supplia Dieu d'effacer ce passé terrible, comme si toute la puissance de Dieu pouvait faire que ce qui a été fait ne soit pas!...

Alors elle vit bien que tout était perdu, et qu'il fallait qu'elle s'adressât à son mari, si elle ne voulait pas qu'une copie des lettres qui lui avaient été enlevées, lui fût adressée.

Ce fut un soir, dans le petit salon qui précédait la chambre de Sabine, encore bien malade, que la comtesse de Mussidan avoua à son mari ce qu'on exigeait d'elle, et l'épouvantable péril qui la menaçait.

Hélas!... il fallut bien qu'elle parlât de ces lettres fatales et de ce qu'elles contenaient. Elle le fit avec cette merveilleuse adresse des femmes, qui savent sans mentir ne pas dire la vérité.