L'honorable placeur ne perdait pas de vue aucune des cases de ce vaste échiquier où il jouait sa dernière partie, et c'est avec une admirable précision et juste au moment opportun qu'il mettait ses pièces en mouvement.

Tout était combiné pour le succès de l'affaire de Champdoce, pour substituer Paul au véritable enfant du duc, toutes les précautions que peuvent suggérer la prévoyance et la prudence humaines avaient été prises...

B. Mascarot se retourna vers Croisenois, vers le comte et la comtesse de Mussidan négligés en apparence pendant une semaine.

De ce côté, l'opération était double.

Tout d'abord, il fallait arracher au comte et à la comtesse leur consentement au mariage de Croisenois et de Sabine.

En second lieu, il s'agissait de contraindre Croisenois à lancer et à bien lancer cette fameuse société industrielle destinée à masquer les pratiques de chantage de B. Mascarot et de ses associés.

Avant tout, une démarche décisive près de M. de Mussidan était indispensable...

Le bon père Tantaine fut mis en campagne.

Pour une mission de l'importance de celle dont on le chargeait, près de telles personnes, tout autre que le doux père Tantaine eût jugé indispensable de faire un peu de toilette, de cirer à tout le moins ses bottes éculées, et de promener la brosse sur sa redingote crasseuse.

Mais le bonhomme a d'inébranlables principes, qu'il a plus d'une fois exposés au trop coquet Beaumarchef: il dédaigne ce qu'il appelle les simagrées, et prétend que l'habit ne fait pas le moine.