Il commençait à être inquiet, et plus mécontent encore, quand enfin il aperçut le garnement qu'il cherchait, non plus paré comme au bal du Grand Turc, de ce joli veston dont il était si fier, mais vêtu d'une affreuse blouse toute rapiécée.

Il se tenait debout, près d'un de ces jeux de dupe où, «à tout coup l'on gagne,» et il était en grande conversation avec le propriétaire de ce jeu.

—Toto!... appela de loin le bon Tantaine, hé!... Chupin!...

Le jeune gredin entendit à coup sûr, car il détourna vivement la tête, mais il ne bougea point pour si peu. L'entretien devait être des plus intéressants.

Mais le bonhomme l'ayant bêlé de nouveau, et impérieusement cette fois, il échangea avec le propriétaire du jeu la plus cordiale poignée de main, et s'approcha enfin en réchignant.

—Voilà une idée!... grognait-il en abordant le vieux clerc, vous arrivez, je dois tout quitter!... Êtes-vous malade, pour crier ainsi? Il faut le dire, on ira chercher le médecin du bureau de bienfaisance!...

—Je suis très pressé, Toto.

—Possible. Le facteur aussi est pressé, quand il est en retard. Moi j'étais en affaires.

—Avec cet individu, là-bas?

—Mais oui!... Cet individu, comme vous dites, n'est pas si bête que moi. Combien gagnez-vous par jour, papa?... Lui se fait de trente à quarante francs tous les soirs de six heures à minuit, rien qu'à crier: «Voilà la partie!... choisissez vos lots!... à tout coup l'on gagne!...» C'est joli, hein, sans compter le plaisir de tirer les sous des imbéciles... Ah! voilà un état qui m'irait!... Ça vaut un peu mieux que de s'établir camelot, car il est permissionné de la préfecture, lui, il paye patente comme un boutiquier. Mais patience!...