Comme cependant il se taisait toujours Mlle Flavie répéta sa question.
—Je voudrais parler à M. Paul, balbutia le vieux clerc, d'une voix à peine intelligible, il m'a chargé d'une commission, et il m'attend...
—S'il en est ainsi, monsieur, entrez, je dois seulement vous prévenir que le médecin de M. Paul est près de lui.
Tout en parlant, Mlle Flavie s'était effacée le long de l'huisserie, pour laisser l'entrée libre au doux père Tantaine, et éviter autant que possible son répugnant contact.
Il passa devant elle en s'inclinant bien bas, traversa le petit salon de Paul, et, en familier de la maison, sans seulement frapper pour annoncer sa présence, il ouvrit la porte de la chambre à coucher et y entra.
Un spectacle au moins singulier l'y attendait.
Paul, fort pâle, était assis sur son lit, le torse nu, et le souriant Hortebize lui prodiguait ses soins intelligents.
Il en avait besoin. Il portait au bras, depuis la naissance du cou jusqu'à la saignée, le long de l'épaule, et sur la poitrine, une immense plaie vive qui semblait devoir être des plus douloureuses.
Debout près du lit, le bon docteur appliquait soigneusement sur cette affreuse blessure des morceaux de beaudruche, enduits préalablement à l'aide d'un pinceau, d'une solution contenue dans une petite fiole placée sur la table de nuit.
A l'entrée du père Tantaine, il se retourna, et telle était l'habitude qu'avaient ces deux hommes de s'entendre et de se comprendre, qu'il leur suffit, pour échanger leurs pensées, d'un mouvement et d'un regard que Paul ne remarqua pas.