Il était abasourdi; positivement il tombait des nues.
A quelles causes devait-il attribuer l'incroyable sortie du doux père Tantaine.
Sans doute, Paul avait eu tort de parler trop légèrement d'une jeune fille digne de tous ses respects, qui avait droit surtout à sa reconnaissance, mais ce n'était point là, jugeait-il, un cas pendable, et si la conduite de Flavie ne justifiait pas son accès de fatuité, elle l'expliquait jusqu'à un certain point.
Une circonstance futile ajoutait à sa surprise, et mettait le comble à son mécontentement: Sa suffisance avait été bien plus affectée que sincère, et il n'en était pas à ce mépris railleur de toute morale, mais il avait pensé, en l'affichant, se hausser au niveau de ses complices et mériter leurs éloges... En vérité, il avait mal réussi.
Il eût compris et accepté une observation du souriant Hortebize. Le docteur était l'intime ami de M. Martin-Rigal, et par contre, le protecteur naturel de Flavie.
Mais quels rapports existaient entre le père Tantaine, cet espèce de mendiant cynique, et le riche banquier qui donnait à son héritière un million de dot? Aucun, en apparence.
Pourquoi donc cette fureur soudaine, ces expressions si véhémentes?...
Oubliant les douleurs aiguës que lui causait sa blessure au moindre mouvement, Paul s'était dressé sur son lit, et le cou tendu, prêtant l'oreille, il écoutait, espérant recueillir quelque chose de ce qui se passait dans la pièce voisine.
Mais toute son attention était inutile. C'était un mur et non une cloison qui séparait la chambre à coucher du petit salon, et il n'entendait rien.
—Que font-ils, se demandait-il, que complotent-ils?...