André se retourna vivement, mais déjà la porte s'était refermée et la clé grinçait dans la serrure.
Il se trouvait dans la première salle, et le secrétaire du commissaire de police, les deux employés et son antagoniste du matin le regardaient en souriant, mais sans malveillance.
Il n'avait plus qu'à se retirer; il sortit après avoir balbutié quelques mots inintelligibles.
L'adieu de M. Lecoq l'intriguait outre mesure.
Pourquoi ces mots: Au revoir, monsieur le duc de Champdoce! Était-ce une plaisanterie? Que signifiait-elle alors? où en était le sel?
Certes André était un esprit positif, il l'avait prouvé, incapable de se reparaître de chimères; mais André était un enfant trouvé.
Est-il un seul de ces infortunés qui ne connaissent ni père ni mère, qui n'ait parfois rêvé de hautes destinées, qui ne se soit jamais dit que peut-être il avait été repoussé par une famille illustre qui le rechercherait un jour!...—On cite des exemples si surprenants, si merveilleux!...
—Quel enfant je suis!... murmura-t-il. La joie me trouble-t-elle donc la cervelle!...
Mais il avait désormais un rude auxiliaire, un protecteur qui s'intéressait à lui, plus qu'il ne pouvait le supposer.
Immédiatement après la sortie du jeune peintre, M. Lecoq avait rouvert la porte du cabinet et appelé son agent.