Le banquier baissa la tête sans répondre.

Déjà il en était à s'épouvanter de son audace et à se reprocher d'avoir cédé aux inspirations de sa colère. Ce qu'il avait dit, et il frémissait à cette idée, pouvait lui coûter l'affection de sa fille.

Il se demandait par quelles excuses atténuer l'effet de son emportement, quand le souriant Hortebize intervint.

Ce cher docteur prit Mlle Flavie par la taille, et bien qu'elle se débattît un peu, la conduisit doucement hors du cabinet.

—Éloignez-vous, chère enfant, murmurait-il à son oreille, votre père est mal disposé, il ne sait ce qu'il dit.

C'était là, positivement, l'opinion sincère du digne M. Hortebize, et il ne la cacha pas à son ami, dès qu'ils se retrouvèrent seuls.

—En vérité, lui dit-il, je ne m'explique pas la colère. Il dépendait de toi, autrefois, d'empêcher ce mariage; pourquoi as-tu manqué de courage? Les récriminations à cette heure son inutiles...

Martin-Rigal était consterné.

—C'en est fait, balbutia-t-il, me voici à la discrétion de ce misérable Paul.

—Pas plus, ce me semble, qu'avant l'indiscrétion de ta fille. Paul n'est-il pas notre complice! Qu'avons-nous à craindre de lui? Rien. Il connaissait les secrets de l'association. Sommes-nous plus compromis parce qu'il a pénétré le mystère de ta triple personnalité?...